Les onglets "courts-métrages", "séries" et "pour-métrage les enfants" ont été refaits et complétés.

samedi 28 mai 2016

Charley Bowers courts-métrages 2 (1926 - 1927 - 1928) VF

aujourd'hui 5 courts de Charley Bowers


  • 1926 POUR ÉPATER LES POULES aka egged on  vf
  • 1926 UN DRÔLE DE LOCATAIRE aka a wild roomer  vf
  • 1927 BRICOLO EST INVENTEUR aka many a slip vf
  • 1927 NOTHING DOING vf
  • 1928 say it ah (imcomplet)

Entretien avec Serge Bromberg
Charley Bowers est un ovni dans l’histoire du cinéma. A l’époque, dans les années 20, le cinéma burlesque, c’est-à-dire ces petites comédies drôles, a 3 grandes vedettes : Harold Lloyd, Buster Keaton et Charlie Chaplin. Charlie Chaplin tout le monde le connaît. Buster Keaton était l’homme qui ne riait jamais, avec un petit chapeau plat. Et Harold Lloyd était l’homme aux lunettes d’écailles qui, au début des années 20, s’est pendu à une horloge à la verticale d’un immeuble très haut et cette image est restée au point qu’elle existe encore aujourd’hui.
Et à côté de ça il y avait plein de vedettes burlesques qui essayaient de faire des blagues et qui en général étaient assez pathétiques. L’un d’entre eux s’appelait Charley Bowers et avait une histoire bien étrange…
Dans les années 20 Bowers faisait du dessin animé dans les studios d’un monsieur qui s’appelait Bob Fischer. Il était chargé de développer les personnages de MUTT et JEFF et de livrer chaque semaine un nouvel épisode d’aventures en animation. Le dessin animé était né en 1908 en France. C’était tout nouveau, mais l’animation était pitoyable et ne bougeait pas beaucoup. C’était pas drôle, mais ça étonnait les gens. Tout le monde voulait voir du dessin animé. Bowers a dirigé l’équipe de production de bob Fischer pour développer ces dessins animés. Seulement voilà on connaît peu de choses de Bob Fisher ; on sait en tout cas qu’il passait plus de temps au bistrot qu’à superviser la production, que les scénarios étaient relativement indigents et que au tout début dans les années 20, Bob Fisher a viré notre camarade Charley Bowers. Du coup Bowers s’est dit : je vais faire des films burlesques. Mais ce n’était pas un acteur, c’était un technicien, un vrai technicien. Alors il s’est dit : « je vais faire comme Buster Keaton, jouer sans aucune mimique, ce qui donnait un air un peu lunaire. Quoiqu’il advienne, par exemple une maison qui me tombe sur le dos, je n’ai aucune réaction, je reste impavide ». Mais surtout la particularité de Charley Bowers, c’est qu’il a mélangé le cinéma burlesque avec l’animation, ce qui a créé un effet de trucage tout à fait nouveau. Tout à coup il était possible de faire pousser des salières aux arbres ou d’inventer les œufs incassables, ou la peau de banane antidérapante. A peu près tout et n’importe quoi, puisque avec l’animation on peut inventer, faire bouger, aller jusqu’à l’extrême de l’extrême, ce qui a donné un côté très surréaliste et très débridé aux films de Bowers.
Bowers a surtout tourné entre 1924 et 27 pour ses propres productions. Il avait un réalisateur qui faisait les séquences de prises de vues réelles qui s’appelait Harold L. MULLER, et pour le reste c’était Bowers lui-même qui passait son temps à animer image par image. A l’arrivée du cinéma sonore, Bowers ne peut pas prendre le virage. Technologiquement, c’est déjà très compliqué de gérer le mélange de l’animation et des prises de vues, mais y rajouter le son était terriblement complexe. En plus il avait une voix pas terrible, et là à l’évidence avec le cinéma sonore, il devenait le pire acteur que la terre ait porté. Il fera un seul film sonore qui s’appelle « It’s a Bird » en 1930, un court métrage de 15 minutes très drôle, que d’autres appellent « Metal Eating Bird » l’ « oiseau qui mange du métal » et qui est génial. On y voit à la fin une voiture se recomposer en image par image. C’est vraiment un plan complètement surréaliste.
A la fin des années 1930, Charley disparaît. On ne sait plus rien de sa filmographie. Il y a bien 3 ou 4 films dont on pense qu’ils ont été réalisés par lui, dont un film produit par une boite très obscure qui s’appelle NOVELTI : « Believe it or don’t » « croyez le ou pas ». Le dernier film qu’ait tourné Bowers peu de temps avant sa mort, est un film d’animation pure, qui s’appelle Pete-Roleum et ses cousins. Evidemment il y a un jeu de mots avec Pete-Roleum qui veut dire aussi pétrole en anglais, et en fait c’était la partie animée d’un show live où il y avait sur scène une personne qui réagissait à des films projetés sur des écrans. On était au début des années 1940, le film était en Technicolor, et c’était Joseph Losey qui l’avait réalisé. C’était son premier film. Mais en gros, le personnage de Charley Bowers disparaît totalement.
Ce qui est amusant, c’est la découverte de Charley Bowers. Deux films ont été retrouvés en France : « Pour épater les poules » et « Non tu exagères ». Ces deux copies sont retrouvées à la cinémathèque de Toulouse par son fondateur, Raymond BORDES, et le personnage principale s’appelle Bricolo. C’est le nom que l’on avait donné en français à Charley Bowers mais personne ne le savait. Ces films de Bricolo ont été présentés comme des trucs un peu bizarres : mais qui est ce Bricolo ? Pendant quelques années, on ne savait vraiment pas qui était ce Bricolo. Et puis un jour lisant une revue corporative, ces magazines envoyés chaque semaine aux exploitants de cinéma, Raymond BORDES voit marqué Charley Bowers dans « Bricolo inventeur ». Enfin un nom mis sur ce personnage de Bricolo ! Alors, il y a eu une sorte de tsunami, et tout le monde a cherché à en savoir plus. A la Librairie du Congrès, on a retrouvé des affiches, des petits trucs promotionnels sur le personnage de Bricolo. Puis, la grande explosion du personnage de Charley Bowers a eu lieu au festival d’Annecy, en 1976, où ont été présentés les deux films et demi de Bricolo qui à l’époque survivaient dans le cadre d’une coproduction entre le festival d’Annecy et la cinémathèque de Toulouse. C’était un truc incroyable. Les gens ont vu ça en disant « c’est formidable », et tout d’un coup cela l’a remis en lumière. On a découvert qu’ André BRETON avait dans les années 30 repéré Charley Bowers et l’avait baptisé « la perle noire du cinéma surréaliste ». Charley Bowers a tout à coup repris ses lettres de noblesse et surtout le nom de Charley Bowers voulait dire quelque chose.
A LOBSTER l’histoire de Charley Bowers nait en 1983. Nous découvrons une copie de « Non tu exagères » qui fait partie du programme « Les folles inventions de M. Bricolo ». Dès les premières images de cette copie nitrate que je regarde sur la table de montage, je m’arrête. Je vais voir mon camarade Eric LANGE, je lui dis, « viens voir, j’ai l’impression d’avoir vu un truc, je sais pas ce que c’est, mais de toute évidence, c’est quelque chose de totalement incroyable ». On regarde ce film et on se dit : « c’est vraiment trop drôle, trop formidable, trop inhabituel ». En même temps, on comprend que cela n’ait pas marché : c’est moins tendre que Chaplin, moins construit que Keaton, moins drôle d’une certaine manière que Lloyd, mais c’est tellement mieux que tout ça ! Tellement davantage, tellement un univers nouveau. Alors, on décide de s’intéresser à Charley Bowers. Jean Paul GORCE de la cinémathèque de Toulouse nous appelle immédiatement, apprenant que nous avions trouvé une copie complète de « Non tu exagères » : « La nôtre est incomplète, je viens voir la vôtre ». On a tous cherché comme des malades d’autres films, et le résultat de cette quête c’est qu’aujourd’hui il existe 8 ou 9 Charley Bowers survivants, complets ou médiocrement complets, mais en tout cas les films principaux de Bowers sont là. Ils existent, même s’il reste encore un bon nombre de films à retrouver.
textes Tamasa diffusions




le lien courts-métrages C Bowers 2 : click ici et hop !
provenances des fichiers ; dvdrip uploadeur inconnu merci a lui

Rappel :
Charley Bowers courts-métrages 1 (1917 - 1918 - 1926) VF

Charley Bowers courts-métrages 3 (1928 - 1940) SD ou HD VOSTFR


A noter :  
- Bientôt sur ce blog, quelques programmes de la série "Mutt and Jeff"
- Le film " say it ah" est incomplet, c'est la seule version existante a ce jour.

Samedi prochain : C Bowers 3



 demain : Courts Canada


4 commentaires:

Un ptit com, ça ne mange pas d'pain...et ça fait toujours plaisir, merci.

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