Série de 26 épisodes

Durée : 26 mn
Réalisé par : Hervé DiRosa
Produit par : Arte,Canal+
Année : 1999
Nationalité : Française
Ils n'ont qu'un œil et vivent dans une totale insouciance à
Bonheur-les-Bains. Une charmante bourgade, en bord de mer, où l'activité
principale consiste à être heureux. D'ailleurs, Bonheur-les-Bains est
la capitale mondiale du bonheur. Au sud, " parce que tous les pays ont
un sud ". Et tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si les
" internationaux vilains ", exaspérés par ce petit paradis, ne
descendaient de leur " Olympe maléfique " pour tenter de mettre un terme
à cette insoutenable insouciance. Cet univers déjanté donne le ton du
nouveau dessin animé de Canal+, les Renés. Soit le croisement entre
l'univers d'un plasticien de renom, Hervé Di Rosa, et le pari un peu fou
d'un producteur, Michel Gillet.
Les Renés n'ont pas de buste et
une drôle de trogne. Papa René est créateur de farces et attrapes. Sa
femme, Renée, est une femme d'intérieur accomplie, fan de Barbara
Cartland. Ils ont trois enfants: René Junior, adolescent fou de rap, de
techno et de " l'inter-René ", la toile virtuelle qui relie tous les
Renés du monde. Renette, jeune fille très attachée à " l'identité
spirituelle " de sa ville et complice des tours informatiques de son
frère. Et Bébé René, précocement doué pour l'opéra. La famille René est
entourée d'une bande d'hurluberlus aussi étranges, graphiquement
parlant, qu'eux : les 3 X (le professeur, le docteur Tube et monsieur
Plat, le maire) à la fois " cossards " et " héros malgré eux ". Mais le
village compte aussi l'éminent Question Marc, le journaliste local,
l'immigré Mique, le pêcheur Triple Menton (un menteur éhonté) et
Huguette, la tenancière du bar de Bonheur-les-Bains.
Dans chaque
épisode, un " international vilain " tente, en prenant les formes les
plus diverses, de troubler la quiétude de tout ce petit monde. Jean-Luc
Fromental, l'un des six scénaristes, commente : " Les Renés tiennent
autant de la caricature de personnages réels que du dessin animé
américain. " Et pour cause : " Hervé Di Rosa s'est beaucoup inspiré des
figures locales de Sète, sa ville natale ", pour composer les Renés,
remarque Michel Gillet, l'un des producteurs du dessin animé. Et " il a
un don d'observation incroyable de son entourage ", s'extasie-t-il. Sans
compter que les Renés bénéficient des technologies les plus
performantes : c'est la première série d'animation travaillée en After
Effects, un procédé qui permet de créer des images en relief, irisées et
ombrées.
Les Renés ne se contentent pas d'être amusants. Chaque
épisode peut se lire à plusieurs degrés. Ainsi, " nous avons abordé des
thèmes contemporains : on a, par exemple, une histoire sur les maladies
sexuellement transmissibles. Bien sûr, tout est dans l'allégorie ",
relève Jean-Luc Fromental. Autre exemple : " Bonheur-les-Bains a
instauré un comité des "trucs à faire", pour les jours d'ennui. Dans
l'un des épisodes, le comité décide d'ériger une statue. C'est le
prétexte à une métaphore sur l'art contemporain ", commente le
scénariste. Avec prise de position, parce que le dessin animé n'est pas
neutre. " Les personnages sont tous animés d'une conscience politique,
relève-t-il. Les histoires que nous racontons ont un petit côté
fantastique, un côté Alice au pays des merveilles. "
Tout, dans
la conception même des Renés, renforce cette impression de " jamais vu
". Arte, qui a financé le pilote de ce dessin animé, ainsi que Canal+ et
Carrère Production, qui ont donné à ce projet les moyens d'exister,
peuvent se féliciter : les Renés témoignent d'une fraîcheur totale,
comme un vrai bon dessin animé tous publics. Et ils sont aussi d'une
originalité à toute épreuve. Comme une authentique ouvre d'art.
Caroline Constant L'Humanité
Le lien des épisodes 12 a 15 : click ici et hop !
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